Faut-il forcément aller mal pour consulter ?
C’est une question que l’on me pose régulièrement.
Et ma réponse est simple : non.
On peut consulter parce que quelque chose devient difficile à vivre. Mais on peut aussi consulter alors que, sur le papier, « tout va bien ».
Parce qu’une situation revient toujours.
Parce qu’une peur prend trop de place.
Parce qu’on sait ce qu’on devrait faire, mais qu’on n’arrive pas à le faire.
Parce qu’une période importante arrive et qu’on aimerait l’aborder autrement.
Ou simplement parce qu’on sent qu’il est temps de faire quelque chose différemment.
Consulter quand quelque chose vous dérange… même si ce n’est pas une maladie
Il existe une idée assez répandue selon laquelle il faudrait attendre d’être vraiment en difficulté avant de demander de l’aide.
Comme si consulter signifiait forcément : » Je ne vais pas bien. «
Je vois les choses autrement.
Une difficulté n’a pas besoin d’être énorme pour mériter qu’on s’en occupe.
Un sommeil qui se dégrade depuis plusieurs semaines.
Une appréhension qui devient de plus en plus présente.
Une tendance à repousser certaines situations.
Une difficulté à prendre sa place.
Une charge mentale qui ne laisse plus beaucoup de place au reste.
Une période de changement qui remue plus que prévu.
Ce sont parfois de petites choses.
Mais les petites choses répétées finissent parfois par occuper beaucoup de place.
Consulter peut alors être une manière d’agir avant que la situation ne s’installe davantage.
Et parfois, il n’y a même pas de problème à résoudre
C’est peut-être ce qui me semble le plus intéressant.
On peut aussi consulter pour préparer.
Préparer un examen, une prise de parole, un entretien, une compétition, un changement professionnel, un voyage, une intervention médicale ou une nouvelle étape de vie.
Dans ces situations, l’objectif n’est pas forcément de » réparer » quelque chose.
Il peut simplement s’agir de mieux mobiliser ses ressources, de retrouver de la confiance, de mieux comprendre ce qui se passe dans le corps lorsqu’une situation devient importante, ou de se préparer mentalement.
La sophrologie peut notamment permettre de travailler autour du système nerveux, de la respiration, des sensations corporelles, de la visualisation positive d’une situation future, de la concentration et de la préparation mentale.
L’hypnose, elle, permet de travailler avec les mécanismes de l’attention, des automatismes et de l’imaginaire, afin de favoriser certains changements.
Ce ne sont pas des baguettes magiques. Ce sont des outils.
Et comme tout outil, leur intérêt dépend surtout de ce que l’on cherche à travailler.
Sophrologie ou hypnose : comment savoir ?
Je ne pense pas qu’il soit pertinent de choisir uniquement en fonction d’une liste trouvée sur Internet.
Le même objectif peut parfois être travaillé avec différentes approches.
Par exemple, pour une peur, une difficulté de sommeil, une préparation à un événement ou une période de stress, il peut être intéressant d’utiliser la sophrologie, l’hypnose, ou parfois les deux.
La question n’est donc pas seulement :
» Quelle méthode dois-je choisir ? «
Mais plutôt :
» Qu’est-ce que je cherche réellement à comprendre ou à modifier ? «
C’est souvent à partir de cette question que le travail commence.
Quand une difficulté commence à organiser votre vie
Il y a cependant un repère que je trouve particulièrement important.
C’est lorsque vous commencez à organiser votre vie autour de ce que vous cherchez à éviter.
Vous évitez une situation parce qu’elle vous inquiète.
Vous repoussez un rendez-vous.
Vous ne prenez plus certains transports.
Vous refusez une opportunité.
Vous anticipez tellement une situation que vous êtes déjà épuisé avant qu’elle arrive.
Vous adaptez vos choix à une peur plutôt qu’à vos envies.
À ce moment-là, ce n’est pas forcément la gravité du problème qui compte.
C’est la place qu’il prend dans votre vie.
Et cela peut être un bon moment pour ne pas attendre davantage.
Au Havre, mais surtout avec la bonne personne
Consulter un professionnel ne devrait pas être un acte anodin.
Il est important de vérifier sa formation, son cadre de pratique, les méthodes utilisées et surtout de se sentir suffisamment en confiance pour pouvoir travailler ensemble.
!! La sophrologie et l’hypnose ne remplacent pas un suivi médical ou psychologique lorsqu’il est nécessaire. Elles peuvent cependant trouver leur place dans un accompagnement complémentaire, selon la situation.
Et parfois, le premier rendez-vous sert simplement à mettre des mots sur ce qui se passe.
Il n’est pas toujours nécessaire d’arriver avec un objectif parfaitement défini.
» Je ne sais pas exactement ce que je veux changer, mais je sais que quelque chose doit bouger » peut déjà être un point de départ.
Et si on regardait aussi ce que cette difficulté vous apporte ?
C’est une question que j’aime poser en séance.
Pas pour culpabiliser.
Pas pour chercher une justification à une difficulté.
Mais parce que nous avons parfois de bonnes raisons de continuer à fonctionner d’une certaine manière, même lorsque ce fonctionnement nous gêne.
Alors je peux poser une question un peu à l’envers :
» Qu’est-ce que vous avez à gagner à garder ce fonctionnement ? «
Puis :
» Et qu’est-ce que vous avez à perdre à changer, à mettre quelque chose en mouvement ? «
Ces questions peuvent surprendre.
Elles obligent à sortir quelques instants de la réponse automatique : » Je veux juste que ça s’arrête. «
Parce qu’un fonctionnement, même lorsqu’il est devenu gênant, a souvent eu une fonction à un moment donné.
Le comprendre permet parfois de regarder autrement ce qui se passe.
Et surtout, de ne pas chercher à faire disparaître quelque chose à tout prix, mais de se demander ce que l’on veut réellement mettre en mouvement.
Alors, quand consulter ?
Ma réponse serait finalement assez simple :
Quand quelque chose prend plus de place que vous ne voudriez lui en donner.
Ou quand vous avez envie de préparer autrement ce qui arrive.
Pas nécessairement quand tout va mal.
Pas nécessairement quand le problème est devenu important.
Et pas nécessairement parce que quelqu’un vous a dit que vous devriez consulter.
Parfois, consulter, c’est simplement décider de ne plus laisser une difficulté décider seule de la suite.
Alice Routel – Sophrologie & Hypnose au Havre